PRÉSENCE DE LUMIÈRES

Programme citoyen pour l’Est de Montréal

Depuis des années, pour améliorer le transport collectif dans l’Est, des citoyennes et des citoyens se mobilisent pour stopper le skytrain et le remplacer par un système de tramway et d’autobus électriques, et pour améliorer leur qualité de vie et préserver leur santé, d’autres citoyennes et d’autres citoyens luttent contre les projets polluants du port de Montréal et de Ray-Mont Logistiques et remplacer leurs empiètements dans les quartiers résidentiels par un parc nature. Mais un tramway et un parc nature ne sont que des composantes d’un milieu de vie. Quel milieu de vie voulons-nous ? C’est à cette question que ce ‘programme’ essaie de répondre. Qu’en dites-vous ? ML

Programme citoyen pour l’Est de Montréal

Nous sommes les citoyennes et les citoyens de l’Est de Montréal. Nous sommes 500 000 à y habiter. L’Est de Montréal est le territoire sur l’île de Montréal, qui s’étend à l’est de la rue Papineau, et qui est bordé au sud par le fleuve Saint-Laurent et au nord par la rivière des Prairies, les deux cours d’eau se rejoignant à la pointe est de l’île.
Nous tenons à nos valeurs collectives et à notre qualité de vie, c’est-à-dire notre désir de vivre en paix, en santé et heureux. Nous sommes préoccupés par notre avenir et celui de nos enfants. Nos besoins sont raisonnables beaucoup d’entre eux ne sont pas satisfaits.
Nous adhérons à la démocratie ; nous avons élus nos représentants au Parlement fédéral du Canada, à l’Assemblée nationale du Québec et au Conseil municipal de Montréal incluant ceux des arrondissements.

Nous exigeons que nos élus mettent en œuvre ce qui suit :

Notre avenir. Nous exigeons de tous l’adhésion à une vision novatrice et positive de notre avenir, ce qui entraîne un changement radical de l’actuel paradigme d’aménagement et d’usage de notre milieu de vie.
Depuis plus d’un siècle, notre milieu de vie est la ‘cour à scrap’ de Montréal. Des industriels de tout acabit implantent chez nous leurs fonderies, leurs raffineries, leur plate­forme de transbordement, leur cour de triage, leur port à conteneurs et autres installations polluantes ; ils salissent notre territoire au-delà de tout entendement. De connivence avec les industriels, les politiciens autorisent la circulation sans entraves de camions lourds, assistent sans intervenir à l’invasion de nos quartiers résidentiels par le Port de Montréal. Cette vision débilitante et suicidaire des politiciens, des technocrates, des financiers, des industriels, des développeurs et de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal prévaut mais elle n’est pas la nôtre ; nous la rejetons parce qu’elle sape notre santé, sabote notre qualité de vie et salit notre territoire.

Notre milieu de vie. Nous exigeons un milieu de vie agréable, convivial, confortable, fleuri, sécuritaire, propre et adapté à nos besoins.
Nous rejetons les projets industriels lourds, perturbateurs et polluants, les projets dont les profit vont aux promoteurs et les inconvénients tombent sur nous.

Notre climat. La crise climatique planétaire nous frappe de plein fouet. Par la mise en valeur de notre territoire selon nos exigences, nous voulons contribuer à l’atténuer.
Nous refusons les projets qui exacerbent la crise climatique, nous refusons les îlots de chaleur et la bétonisation à outrance de nos quartiers, nous refusons la circulation ininterrompue de camions lourds.

Notre biodiversité. Nous exigeons qu’au moins 30% de notre territoire soit remis à la nature afin de protéger la biodiversité planétaire, et la nôtre. Nous exigeons une régle­mentation à cet effet. Nous voulons notamment restaurer les ruisseaux et les milieux humides qui furent bétonnés par le développement industriel du XXe siècle ; nous voulons restaurer la nature dans nos quartiers.
Nous refusons le statut quo actuel en matière de règlementation urbanistique qui favorisent la bétonisation et la pollution.

Notre santé. Nous souffrons d’une sévère négligence en matière de soins médicaux : chez nous, depuis toujours, il y a une carence de médecins, de cliniques et d’hôpitaux. L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est mal doté et tombe en ruine.
Nous exigeons des interventions d’urgence des gouvernements pour corriger cet éhonté scandale. Nous exigeons plus de médecins, plus d’infirmières, plus de préposés. Nous exigeons la reconstruction immédiate de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont avec un budget à la hauteur des besoins. Nous exigeons le renforcement des CLSC de l’Est.

Notre santé encore. Nous croyons qu’il y a une corrélation forte entre la dégradation de notre santé et le dérèglement du climat. Nous exigeons que tous les projets d’aménagement ou d’architecture tiennent compte de notre santé.
En clair, nous refusons la pollution sous toutes ses formes, la pollution de l’air, du sol, de l’eau de surface et de l’eau souterraine, la pollution sonore, les vibrations qui disloquent nos maisons et la pollution lumineuse qui perturbent notre sommeil. Nous refusons les projets qui ont un impact négatif sur notre santé.

Nos friches. Nous exigeons que la mise en valeur de nos friches industrielles soit faite pour satisfaire nos besoins négligés depuis plus d’un siècle, et non pour le profit des promoteurs. Une fois décontaminés, ces terrains doivent accueillir en priorité des parcs, des projets résidentiels pour notre population, et des projets éducatifs, culturels ou sociaux.
Pour ces friches, nous rejetons l’usage industriel polluant et perturbateur. Par exemple, nous rejetons l’horreur écologique de Ray-Mont Logistiques.

Notre habitat. Nous voulons consolider, rénover, améliorer et fleurir l’habitat actuel. Pour le futur, nous voulons des projets pour la classe moyenne, des logements abordables et des logements sociaux.
Nous refusons les tours à condos spéculatives.

Notre mobilité. Nous voulons un système de transport collectif qui quadrille le territoire, un système convivial, adapté à nos besoins, constitué de tramways et d’autobus électriques. Nous exigeons que l’actuel projet piloté par l’Autorité régionale de transport métropolitain soit fait en toute transparence, en concertation avec les gens de l’Est.
Nous rejetons les systèmes lourds du type skytrain comme celui de la CDPQ Infra.

L’immigration chez nous. Nous sommes en faveur de l’immigration et de la diversité, mais dans le respect absolu de la culture québécoise et de la langue française.
Nous refusons la destruction lente de notre identité.

Nos espaces verts. En ce domaine, il y a dans l’Est une scandaleuse carence. Pour la combler, nous exigeons que les friches industrielles actuelles soient valorisées en espaces verts, en habitations et en équipements communautaires.
Nous rejetons l’usage industriel polluant.

Notre sécurité. Nous favorisons une sécurité discrète et efficace. Nous sommes en faveur des mesures préventives. Récemment, on a vu un fort détachement policier protéger des conteneurs et des pépines contre la supposée menace que représentaient des mères de famille et leurs enfants.
Nous condamnons ce détournement des ressources de l’État. Nous refusons à la fois la prolifération du crime et la force policière aveugle et brutale.

Compensations. Jusqu’à 1920 environ, l’Est de Montréal était une contrée agricole, parsemée de boisés et traversée de ruisseaux ; ses villages et ses hameaux se blottissaient sur les rives de la rivière des Prairies et du fleuve Saint-Laurent. Au lendemain de la Première guerre mondiale, et se prolongeant sur un siècle, une mutation radicale a déferlé sur le territoire : ce fut l’expansion du Port de Montréal, la construction de nombreuses industries dont la plupart fort polluantes, l’arrivée des raffi­neries de pétrole, l’expansion des réseaux routiers, et la construction de quartiers rési­dentiels pour loger les ouvriers, avec quelques enclaves bourgeoises et quelques beaux édifices communautaires. Après la Deuxième guerre mondiale, la bétonisation de l’Est s’est accélérée ; on a construit des autoroutes, le pont-tunnel LH Lafontaine, des centres commerciaux, encore des industries polluantes, encore des immeubles résidentiels près des industries, et dans le port, on a installé des grues et des ponts-roulants pour manipuler des conteneurs, ; les camions lourds ont proliféré.
Par rapport à l’Ouest et le Centre de Montréal, l’Est montréalais est le parent pauvre. L’Est montréalais, c’est une canopée plus faible, moins d’infrastructures, moins d’espaces verts, aucun trans­port collectif digne de ce nom, moins d’hôpitaux, moins d’équipements culturels, moins de commerces, moins de bibliothèques, une pénurie permanente de logements abordables, moins d’investissements de toutes sortes, mais aussi plus de camions lourds, plus d’îlots de chaleur, plus de bruits, plus de vibrations, plus de poussière, plus de vermine, et plus de négligence de la part des élus …
On peut affirmer que le Port de Montréal et les industries de l’Est bénéficient à tous les Canadiens ; mais on doit reconnaître aussi que tous leurs inconvénients tombent exclusi­vement sur la tête des gens de l’Est. Il y a là un déséquilibre aussi injuste qu’immoral.
Le temps est venu de réclamer des compensations pour les sévices commis par le port et les industries polluantes, et pour la négligence perpétuelle des gouvernements et de la Ville.

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PS 1.
Nous sommes le peuple. Nous vivons en démocratie. En démocratie, le peuple est souverain. Nous sommes souverains. Les élus ne sont que nos représentants. Ils ont la responsabilité de nous écouter et de mettre en œuvre les politiques et les projets que nous leur demandons. Aucune autre attitude de leur part n’est tolérable.

PS 2.
Le 14 décembre 2018, la ministre de la Métropole Chantal Rouleau et la mairesse de Montréal Valérie Plante ont publié une ‘Déclaration du Gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal pour revitaliser l’Est de Montréal’ Nous rejetons cette déclaration rédigée à notre insu et qui propose des axes de développement contraires à nos intérêts.

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