PRÉSENCE DE LUMIÈRES

Histoire de Claire 1 Colonisation

Innus ou Montagnais

Arrivée de Champlain à Québec

Chapitre 1 Ton ancêtre au Canada

Claire, si tu le veux bien, j’aimerais te raconter l’histoire de ta famille, je veux dire l’histoire des Lincourt et des Beaupré. Tu sais que, comme tout le monde, tu es issue de quatre familles : du côté de ton père, tu appartiens à la famille des Doat et à celle de Mo­nique; du côté de ta mère, tu appartiens à celles des Lincourt et des Beaupré.

L’histoire de tes ancêtres Lincourt et Beaupré commence au milieu du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV. Cette histoire est liée à celle de la Nouvelle-France, c’est-à-dire la colonie française en Amérique du Nord.

L’aventure de la colonisation de l’Amérique, autant du Nord que du Sud, avait démarré plusieurs siècles auparavant. La Nouvelle-France ne sera qu’une colonie parmi plusieurs.

Pour mieux te faire une idée, examine la carte géographique des Amériques.

Avant l’arrivée des colons européens, le continent américain, du nord au sud, est peuplé de multiples peuples indigènes. Par exemple, en Amérique du Nord, on peut citer les Inuits à l’extrême nord, les Haïdas avec leurs magnifiques totems sur la côte ouest du Canada, les Sioux et les Cheyennes dans les grandes plaines du centre, les Iroquois au nord de l’actuel État de New-York, les Hurons, les Algonquins et les Innus (Montagnais) au Québec, les Apaches et les Navajos dans le sud-ouest américain, les Séminoles en Floride et les Aztèques au Mexique.

Les Mayas occupent l’Amérique Centrale, et tous les peuples de l’empire Inca se partagent l’Amérique du Sud.

C’est dans ce vaste territoire qu’arrivent les Européens.

Vers l’an 1000, les Vikings (Norvégiens/Danois) fondent un établissement sur la côte nord de Terre-Neuve, à un emplacement affublé du nom bizarre d’Anse-aux-Meadows; cet éta­blissement est abandonné peu de temps après.

Aux XVe et XVIe siècles, des pêcheurs basques et bretons viennent chasser la baleine et pêcher la morue dans le golfe et le fleuve Saint-Laurent; leur principal point de chute est Port-aux-Basques. Mais comme les Vikings, ces marins ne s’enracinent pas et ne donnent naissance à aucun établissement permanent.

En 1492, naviguant au nom de la reine d’Espagne, le Génois Cristoforo Colombo ‘dé­couvre’ l’Amérique; il pensait avoir découvert la Chine. Entre 1492 et 1504, il fait quatre voyages et explore l’archipel des Antilles (Cuba, Saint-Domingue, Porto-Rico, la côte ouest de l’Amérique centrale). Lui non plus ne réussit pas à fonder un établissement permanent.

En 1497, pour le compte de l’Angleterre, le Vénitien Giovanni Caboto explore Terre-Neuve et le Labrador. Il ne résulte aucune colonie de cette exploration.

Entre 1497 et 1504, battant les pavillons espagnols et portugais, le Florentin Amerigo Ves­pucci fait quatre voyages en Amérique du Sud. C’est lui qui démontre que l’Amérique forme un continent différent de l’Asie; c’est lui aussi qui donnera son nom à cette nouvelle terre.

Au XVIe siècle, les Anglais font plusieurs voyages d’exploration; je te signale quatre na­vigateurs qui ont leur place dans l’Histoire : Walter Raleigh, John Hawkins, Francis Drake et Martin Frobisher.

Après les explorations vient le temps de la fondation des colonies qui s’enracineront.

En 1500, le Portugais Pedro Alvares Cabral fonde la colonie portugaise du Brésil.

En 1519, l’Espagnol Hernan Cortès conquiert l’empire Aztèque et fonde là-bas une colonie espagnole. C’est la naissance du Mexique tel qu’on le connait aujourd’hui.

À la même époque, les Espagnols fondent plusieurs colonies en Amérique du Sud et en Amérique Centrale. Ils s’installent même en Floride et en Californie.

Au nord, entre 1534 et 1542, pour le compte de la France, Jacques-Cartier fait trois voyages d’exploration dans le golfe et dans le fleuve Saint-Laurent. Il se rend jusqu’à Montréal. Lors de son deuxième voyage, en décembre 1535, il est surpris par les glaces et passe l’hiver à Stadaconé. Stadaconé est le nom du village amérindien à l’emplacement de l’actuelle ville de Québec; Hochelaga est celui du village amérindien à Montréal.

Durant tout le 17e siècle, c’est-à-dire entre 1600 et 1699, plus ou moins, les Anglais fondent treize colonies sur la côte est de l’Amérique du Nord. Ces colonies prospèreront et prendront de l’expansion. Elles donneront naissance aux États-Unis d’Amérique.

Les Français font de même. En 1604-1605, dans ce qui est aujourd’hui la province de la Nouvelle-Écosse, Pierre Dugua de Mons fonde Port-Royal, qui deviendra la capitale de la colonie française de l’Acadie. Cinquante ans plus tard, cette colonie connaîtra un destin tragique. Dans une prochaine lettre, je te raconterai l’histoire du ‘Grand dérangement’ des Acadiens.

En 1609, les Hollandais s’installent à l’embouchure de la rivière Hudson, à la pointe sud de l’île de Manhattan. Quinze ans plus tard, en 1625, ils renforcent leur établissement et fondent New Amsterdam. Cinquante ans plus tard, les Anglais délogent les Hollandais et New Amsterdam devient New York.

Trois ans plus tard, un collaborateur de Dugua de Mons, Samuel de Champlain, fonde Québec, au pied d’un escarpement connu sous le nom de Cap Diamant, et face à une grande île qui sera baptisée Île d’Orléans. Cette colonie s’enracinera et deviendra le Canada. 

En 1636, deux lieutenants de Champlain, Théodore Bochart du Plessis et un certain Sieur de Laviolette (c’est un mystérieux personnage dont on ne sait rien) construisent sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-chemin entre Québec et Hochelaga, un poste de traite des fourrures : ce sera Trois-Rivières. Et encore six ans plus tard, en 1642, Paul Chomedey de Maisonneuve et l’infirmière Jeanne Mance fondent Ville-Marie qui deviendra Montréal.

Après ce long détour qui te permet de voir que la Nouvelle-France s’inscrit dans le vaste mouvement de colonisation de l’Amérique, je reviens à tes ancêtres.

L’ancêtre des Beaupré en Nouvelle-France ne s’appelle pas Beaupré, mais Bonhomme. L’ancêtre des Lincourt ne s’appelle pas Lincourt mais Désorcy.

Ton ancêtre du côté de ta grand-mère, Nicolas Bonhomme, arrive à Québec en 1640, c’est-à-dire 32 ans après la fondation de la colonie. La même année, à Trois-Rivières, il épouse Catherine Gouget. Au moment de l’arrivée de Nicolas Bonhomme, Québec n’est qu’un patelin de 300 habitants.

Ton ancêtre de mon côté, Michel Désorcy, arrive à Québec dix-sept ans plus tard, le 22 octobre 1657. L’année précédente, à La Rochelle, le 28 février 1656, il avait épousé Françoise de la Barre. À ce moment, la population de Québec est de 1500 personnes.

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